Y-a-t-il encore quelque chose à chercher autour du sujet de la participation ?
C’est le pari de ce mémoire que de prendre l’étude habituelle de ce concept à l’envers : au lieu d’observer les habitants et leur capacité à participer, j’ai choisi d’observer l’institution à l’origine de cette participation.
Je pars du phénomène de l’exclusion, et plus particulièrement de sa dimension « désaffiliation », pour réinterroger la pertinence de la participation. J’aborde ensuite la sociologie des organisations pour approfondir la notion d’institution, mais aussi les concepts de changements et d’innovations.

Une institution qui accompagne une participation avec des personnes en processus de désaffiliation ne se trouverait-elle pas en retour engagée dans des processus de changements, voire d’innovation pour elle-même et son environnement ?

Pour tenter de répondre à cette question, je me suis intéressé à trois processus remarqués pour leurs signes de réussite : la participation des habitants sur un quartier relégué, une démarche de développement social local dans l’arrière-pays niçois et une recherche – action avec des habitants du bois de Vincennes à Paris.
A l’origine identifiés comme très différents les uns des autres, j’ai pu mettre en lumière un certain nombre de traits qui permettent effectivement de les comparer : leurs effets en termes de changement, d’innovation mais surtout la façon dont ils mettent en lumière les différents systèmes culturels qui se croisent à l’occasion de ce processus.

Ce travail aboutit à la construction d’une nouvelle compétence d’ingénierie sociale : le tuileur. Comme deux tuiles se recouvrent pour éviter les fuites d’eau, cette compétence illustre la capacité à passer les relais non seulement en termes de savoir-faire mais aussi en termes de savoir-être afin de réussir la participation.