Le service social scolaire est présent dans les établissements scolaires du second degré (collèges et lycées). Il est chargé d’apporter écoute, conseil et soutien aux élèves afin de favoriser leur réussite individuelle et sociale. Environ 2500 assistantes sociales scolaires se répartissent les 11 410 établissements scolaires de France. Simple goutte d’eau dans l’océan de l’Education nationale, ce service est peu visible alors que les problématiques sociales sont là (chômage, exclusion, inégalités…), et trouvent leur traduction dans la sphère scolaire en de nouvelles catégorisations (déviances scolaires, violence, déscolarisation…). Mais est-il de la mission de l’école de prendre en charge ces questions ? La lutte contre l’absentéisme n’est plus du seul ressort de l’école. Les politiques publiques se territorialisent et tendent à proposer à l’extérieur de l’école des solutions à des problèmes posés en son sein. Par ailleurs, les établissements scolaires sont incités à une plus grande autonomie et à une ouverture sur ce qui fait leur environnement.
Dans ce contexte en évolution, l’assistante sociale scolaire intervient « en faveur des élèves » et se positionne à l’interface de deux mondes, celui des familles, du travail social et celui des enseignants. Son identité professionnelle se construit dans ce fragile équilibre. Nous tenterons de démontrer à l’aide de la sociologie des professions et de la sociologie de l’action que la pratique de ce service lui permet de revendiquer une identité professionnelle inscrite dans une double appartenance au travail social et à l’Education nationale.
Cet attachement à l’Education nationale a-t-il encore un sens dans un contexte général de décentralisation ? Peut-on parler d’identité professionnelle revendiquée ou d’identité professionnelle bloquée au sens de Claude Dubar ?