Les personnes confrontées aux manifestations psychiques chroniques sont partagées entre maladie et handicap, par une réalité historique : le développement parallèle des deux mondes bien distincts de la psychiatrie et de l’action sociale, relevant de la division de notre système de protection sociale. Pourtant, chronique, variable, invisible et imprévisible, la maladie place la personne en situation de handicap social, la situant aux frontières juridiques des secteurs sanitaire et médico-social et la maintenant éloignée de la société.

La création, en 2014, du premier foyer de vie, accueillant exclusivement des personnes en situation de handicap psychique, dans les alpes de Haute Provence, invite les acteurs de ces deux secteurs à collaborer. Dépasser la notion sectorielle d’alternative à l’hospitalisation conduit à proposer des formes soupes d’accueil qui considèrent la variabilité des troubles psychiques, dépendants de l’environnement, du traitement médical et de la relation à l’autre.

Accompagner à la vie sociale les personnes en souffrance psychique répond à un double objectif d’aide, en s’adressant à la personne aidée comme à la personne aidante, et contribue à développer la coopération sanitaire et médico-sociale extra hospitalière. Passerelle vers la fluidité du parcours de vie, il place la maison l’Aurore à Manosque, dans une dynamique de développement pour devenir une référence en faveur de l’inclusion sociale des personnes handicapées psychiques sur le territoire départemental.