Les politiques publiques en direction des personnes âgées démontrent historiquement la difficulté de sortir d’une vision binaire de la vieillesse entre autonomie et dépendance. Au-delà et plus récemment, elles reposent culturellement sur une conception d’un bien vieillir idéal qui vaudrait pour tous. L’étude des concepts sensés
définir les contours de la vieillesse démontrent leur absence de fiabilité. L’étude comparée des discours sur la vieillesse et sur ses représentations montre des oppositions fortes entre chercheurs, acteurs institutionnels, acteurs de terrain et les personnes âgées. Nous avons noté que ce qui fait débat c’est l’inadaptation des politiques publiques qui portent le poids d’un ancrage dans le champ sanitaire, ayant de surcroît un souci gestionnaire, à une réalité
de terrain faite d’individualités qui appellent des réponses personnalisées. Cette inadaptation se double d’un paradoxe, entre une vision injonctive quant à la place des usagers et la réalité de la mise en oeuvre de cette injonction. Nous avons cherché à
comprendre ces oppositions et ce paradoxe et en quoi leur compréhension pourrait contribuer à alimenter une réflexion vers une nouvelle approche de la vieillesse. Nous mettons en évidence l’importance de la prise en compte de la parole des personnes âgées
et en même temps la complexité du recueil d’une expression directe. Nous concluons sur une nécessaire contribution pluridisciplinaire pour faire évoluer notre culture dans son approche du vieillissement. Nous préconisons d’étudier de nouveaux modes de consultation du public des personnes âgées et de valoriser les initiatives locales et de
proximité porteuses de changement de nos représentations de la vieillesse.