Intégrées dans le champ du travail social par la création du diplôme d’Etat en 1973, les Conseillères en Economie Sociale Familiale continuent d’en revendiquer leur appartenance. Les représentations sociales persistantes sur le métier, héritées de l’enseignement ménager, orientent leurs recrutements, leurs missions et parfois leurs pratiques professionnelles.

L’objectif de cette recherche est d’étudier les représentations à l’oeuvre sur ce métier et de les mettre en perspective avec les perceptions et les pratiques professionnelles des CESF. Le constat d’une problématique autour de la reconnaissance du métier de CESF fait émerger l’hypothèse d’une identité de métier incertaine et paradoxale. Elle interroge également ses références fondamentales.

L’analyse du concept de reconnaissance met en exergue la nécessité d’être distinct dans son identité et ses modalités d’actions, pour être reconnu. Par leurs discours et leurs pratiques, les CESF affichent une identité affirmée, en lien avec le référentiel de leur métier. Leurs références :  l’économie, le social, la famille, inscrites dans le domaine du quotidien orientent leurs pratiques. Leurs appartenances de métier vont ainsi s’élaborer par la formation initiale puis évoluer avec l’expérience professionnelle. C’est ici, que se jouera le paradoxe identitaire lié aux commandes institutionnelles, au travail en équipe pluridisciplinaire et aux attentes partenariales. Entre une place subalterne, cantonnée à la sphère budgétaire et à la technicité, et les demandes de polyvalence de l’institution et des partenaires, les CESF doivent lutter pour la reconnaissance de la spécificité de leur métier.

Si l’incertitude est facteur d’autonomie dans les pratiques, l’indistinction créé, à terme, une déqualification, susceptible de concerner tous les métiers du social.