Le travail présenté ici s’inscrit dans le champ de la protection de l’enfance et plus particulièrement dans celui des maisons d’enfants à caractère social (Mecs).

L’évaluation, dans le champ social, est réellement devenue une obligation depuis la Loi 2002-02. Elle émane d’une autre évaluation, celle des politiques publiques et participe du même esprit de régulation. Les pouvoirs publics, par leur recherche de rationalité, mettent en place des dispositifs réglementaires dont l’incidence sur la clinique est questionnée dans ce mémoire.

Si le développement de l’évaluation n’est pas une nouveauté dans le champ social, ce qui l’est c’est son obligation et la possibilité de sanctions associée aux résultats de celle-ci. Elle nécessite alors la mise en place de démarches évaluatives formalisées par l’intermédiaire de référentiels qui, en fonction des orientations théoriques, peuvent privilégier une approche basée sur la mise en conformité des obligations réglementaires à une approche praxéologique.

Elle entraîne une interrogation de l’articulation des mondes qui composent le secteur de la protection de l’enfance à laquelle l’analyse de l’enquête de terrain tente d’apporter des réponses. L’obligation d’évaluation nécessite alors la recherche d’un compromis qui met en avant la dynamique de la démarche projet. Mais au-delà de la démarche, aidée en cela par la généralisation de la contractualisation et par la nécessaire adaptation aux besoins des usagers, c’est de l’évolution des maisons d’enfants à caractère social dont il est question. La cité domestique, autocentrée, à laquelle souvent les Mecs faisaient référence, évolue « naturellement » vers la cité par projets avec une ouverture sur l’extérieur plus importante par le développement de réseaux, en veillant, toutefois, de ne pas s’y perdre…