La participation des citoyens/usagers peine à se mettre en oeuvre dans les institutions et sur la scène du débat public. Elle soulève de nombreuses questions tant dans sa mise en oeuvre que dans les enjeux qu’elle représente, notamment autour de l’organisation de la souveraineté du peuple. Renvoyée à la société civile, elle serait considérée comme un agrégat d’intérets particuliers, délégitimée par les acteurs politiques qui s’en défendent au nom de l’intérêt général.En outre, les espaces participatifs entrouverts ne sont pas investis par les citoyens qui s’en écartent au profit d’autres espaces, notamment les réseaux associatifs et sociaux, au nom du fait que les espaces de débats prévus pour eux ne sont qu’un théatre ne servant que d’alibi à la validation de projets déjà ficelés. le travail présenté ici s’inscrit dans le champ de l’insertion sociale, professionnelle et insertion par le logement. Réalisé à partir d’une expérience menée dans une institution, expérience qui avait pour objet d’organiser la participation active du public (en partie précarisé) à l’évolution de l’offre de service, ces questions ont été reposées dans ce contexte particulier. De cette expérience s’est dégagée une problématique de recherche pour laquelle nous avons supposé que la participation des usagers dans les institutions oeuvrant dans le champ de l’insertion pouvait répondre, par l’action comme expérience, à la double question de la constuction de la subjectivité des individus et de leur citoyenneté et, de la construction du souci de l’intérêt général. A partir d’une démarche d’enquête qualitative, cette hypothèse a été testée auprès d’institutions et d’usagers ayant une expérience significative et positive de la démarche participative.